Je serai le dernier homme de David COULON

Dans la famille « Horreur-Malheur », je voudrai
David COULON !

 

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La nuit – Entre Rouen et Le Havre – une route nationale
Dans un champ de blé, perdu au milieu de nulle part, des coups de feu éclatent. Une voiture s’arrête en bordure de route ; intrigué, son conducteur sort pour écouter ; brusquement, il voit surgir une jeune femme d’une vingtaine d’années. Complètement affolée, elle tente de voler le véhicule : en vain … Une dispute éclate entre les deux personnes, bousculée, la tête de la fille heurte une pierre : morte.
Que doit-il faire de ce corps ?
Comment va-t-il s’en sortir ? C’est un accident, il le sait …

La narration se déroule sur treize jours. L’auteur met, dès le départ la barre très haute car aucun détail ne lui échappe ; tout est scruté, étudié. Il va décrire la lente descente aux enfers de cet homme marié, chaudronnier licencié, un brin alcoolique mais avec un grand coeur. Car lui (on ne connaît pas son prénom !!!) va porter une attention toute particulière et déroutante à ce cadavre qu’il va traîner.
David COULON va dresser le portrait d’un homme désabusé, épuisé, hanté par ses démons d’alcool, d’adultère, de mensonges, de mal-être. Pauvre garçon. Et lorsque tout bascule dans l’horreur, sa bouée de sauvetage est de penser aux autres, au mal fait, aux souffrances infligées ; se raccrocher aux branches de la vie, penser à ce que sera son lendemain ou pas.

J’ai été touchée par les déboires de ce type ; pitié, empathie, compassion sont les sentiments qui m’ont habitée. L’auteur pointe du doigt les dérives psychologiques que peuvent engendrer un « banal » accident sur l’âme humaine. C’est le récit d’un homme au mauvais moment au mauvais endroit.

Encore une très belle découverte ♥♥♥♥. Sortie nationale le 09 mars 2018.

Résumé de l’histoire : Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin.

Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feui. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi-dénudé d’une jeune fille.

Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre, pourquoi le garde-t-il tentant tant bien que mal de masquer les odeurs putrides qui s’en dégagent ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ?

Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

Biographie de l’auteur : David Coulon est psychologue et romancier. Né en 1974 à Toulon (Var).
Né dans le sud de France en 1974, David Coulon a commencé par écrire beaucoup de nouvelles, en publier en revue papier (L’ours Polar, Lignes Noires, etc…) et à la radio (RTBF). Puis, il est devenu psychologue, metteur en scène de théâtre (compagnies La Fille Du Guignol, et Kopasker), comédien. Sur son site, vous trouverez quelques uns de ses écrits, mais pas tous, fort heureusement pour votre santé mentale, et la sienne ! Vous trouverez également des infos/actus sur les pièces de théâtre en cours de création, ou en jeu. Il vit désormais en Normandie où il exerce toujours la profession de psychologue. A côté de cela, il dirige plusieurs ateliers théâtre et ateliers d’écriture.

Son premier roman, « Dernière fenêtre sur l’aurore », a été publié en juillet 2013, aux Editions Asgard. Intéressé par les individus en phase de rupture mentale dans un univers social qui les broie, ses écrits font le grand écart entre univers très noir, mais parfois aussi humour. Il en va de même pour les pièces mises en scène dans le cadre de la compagnie Kopasker.

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Rire de poupées chiffon de Philippe ROUQUIER

Hallucinatoire !!!!

 

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Vercors
Louis Dames est un retraité de la marine française. A ses heures perdues, il sillonne les chemins sinueux du Vercors pour étudier et répertorier les insectes. Au détour d’un virage, un jour, il aperçoit, caché par les hautes herbes, une maison où vit un couple d’artistes coréen un peu bizarre. Cela fait jaser au bar du coin. Pourquoi ce couple éveille-t-il autant les curiosités ?

Une histoire complètement décalée ; on oscille entre le passé et le présent, entre le fantastique et le réel, entre l’abstrait et le concret, entre l’art et le tout-venant.
Un amour fou, où les jeux érotiques sanglants est le moteur créatif de cette relation ; du machiavélisme, de la manipulation qui virent jusqu’à l’obsessionnel.

Je reste sans voix face à cette histoire. J’ai été au bout de ma lecture car je voulais savoir ; même si je n’ai pas les réponses à toutes mes questions, j’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteur. C’est très lent, poétique, comme une berceuse qui m’a, pourtant, laissée bien réveiller.
Une bien belle découverte. ♥♥♥♥

Je remercie chaleureusement les éditions Gilles PARIS pour leur confiance. Sortie nationale le 18 janvier 2019.

Résumé de l’histoire : Dans une grande bâtisse isolée du Vercors, un couple prépare sa séparation. Artistes peintres, plasticiens, photographes, leur relation a été productive avant de devenir destructrice. Mais ils s’aiment toujours autant. Adepte des oeuvres à point de vue unique, le couple fait de ses derniers moments de vie commune une performance. Une oeuvre macabre dont ils doivent être les seuls spectateurs. Mais un témoin s’est invité au spectacle sans les prévenir et l’interprétation qu’il en fait met en péril leur pacte, leur séparation, leur intimité. L’histoire est quant à elle très étrange, hallucinée, punk, sombre, comme l’écriture est pulsée, vive et rapide. L’auteur sait maintenir le lecteur en haleine, dans ce thriller noir et original dans lequel il a su créer un climat de nature et d’angoisse allant crescendo. L’enquête prend plusieurs directions, les fils s’emmêlent mais tout se tient, ils se délient d’eux-mêmes peu à peu. Les étrangetés font du livre sa singularité. Un vrai roman noir.

Biographie de l’auteur : Après des études de philosophie et de cinéma, Philippe Rouquier devient assistant réalisateur et régisseur sur des films de fictions en 1991. En parallèle, il développe une carrière de concepteur—rédacteur dans plusieurs agences de publicité et communication. C’est alors qu’il débute sa carrière de réalisateur dans différents domaines. Réalisateur d’habillage, de bandes annonces, bilboards et de clips promotionnels, il réalise une centaine de films institutionnels, puis des publicités et des vidéo clips. Dans le domaine du reportage et du documentaire, depuis 2002, il écrit et réalise entre autres films: des portraits d’artistes et d’auteurs pour différents magazines culturels et littéraires.

Philippe Rouquier cadre la plupart de ses films, il lui arrive également de faire uniquement l’image de certains documentaires..
En fiction, il réalise des courts—métrages primés tels que « 5′ très SM » et « Emile Müller ». Il écrit également des films, des téléfilms et des épisodes de séries pour diverses chaînes. En parallèle de son travail de scénariste—dialoguiste, Philippe Rouquier est auteur de pièces de théâtre et donne des consultations sur scénario. Il a également été lecteur pour France2 et a donné des cours sur le passage de la conception à la réalisation du film. Il développe depuis plusieurs années une méthode originale sur la structure du récit et la dramaturgie.

 

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Le gamin des ordures de Julie EWA

Une histoire tirée de faits réels …

 

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Quelque part en Roumanie – Un an et demi plus tôt
Darius Stanescu, neuf ans, est un Rom. Il vit dans une vieille bicoque sans eau, ni électricité avec son père, sa mère et ses deux soeurs. Lorsqu’un jour, les pelleteuses arrivent pour tout détuire, son papu meurt d’une crise cardiaque. Darius est très triste. Sa famille décide de partir en France.

16 mai – Bugrassot (anagramme de …. )
Après un voyage fatigant en car, Djino (le père), Cybèle (la soeur ainée) et Darius arrivent à destination. Les deux mille kilomètres parcourus et les trois cent cinquante euros empruntés au « Camatari » (prêteur roumain) leur donnent de l’espoit. L’oncle Cristi et sa femme vont les accueillir et les aider. Mais tout ne se déroule pas comme prévu.

Pourtant Lina, jeune guide touristique, va se battre pour eux, jusqu’à les rejoindre en région parisienne.

L’auteure s’inspire de son vécu, de son action auprès de cette population décriée. Tirée de faits réels (la confrontation avec l’élue locale est véridique …), la description de l’existence de ces gens est horrible. Les Roms sont une minorité ethnique transnationale présente dans tous les pays de l’UE et dans certains pays limitrophes comme la Russie ou la Turquie : on les appelle Roms, Tsiganes, Manouches, Gitans.
La misère, les trafics, le racket sont omniprésents.
Pour pouvoir s’intégrer, les Roms doivent apprendre le français, aller à l’école, s’intégrer, mais peu est associé à la vie locale.
Le parquage est monnaie courante ; leurs campements sont insalubres : entassés les uns sur les autres au milieu des détritus, sans intimité, avec une hygiène douteuse, les querelles de voisinage venant s’ajouter à tout ça. La prostitution de jeunes garçons en Gare du Nord ou les écoles de formation de voleurs (en Hongrie) recrutant de jeunes enfants pour les dresser au vol sont leur quotidien.
En Hongrie, où l’ultra-droite monte en puissance, la persécution des Roms est diabolique.
Quand à mes préjugés sur les aides financières allouées par la France, je les ai revus.

Bref, vous l’aurez compris, ce livre m’a bluffée. Mené tambour battant par une écriture simple, fluide, précise, des chapitres courts, des rebondissements, j’ai été tenue en haleine par tous ces tableaux de vie saisissants, révoltants.
Une formidable découverte de cette jeune auteure que j’ai eu la chance de rencontrer au festival du polar de Bruxelles. Un vrai bon moment de lecture  pour une vraie prise de conscience.

Je vous recommande vivement ce roman. Sortie nationale le 30 janvier 2019. ♥♥♥♥

Lu en version numérique.

Résumé de l’histoire : Recroquevillés au fond d’une impasse où sont entreposées des bennes à ordures, deux enfants et un adulte tentent de s’abriter de la pluie. Lorsqu’elle les aperçoit, la jeune Lina leur apporte aussitôt de l’aide en leur procurant une tente.
Les Stanescu viennent de Roumanie. Le père a atterri ici, dans le nord de la France, avec ses enfants, Darius, neuf ans, et Cybèle, seize ans, espérant récupérer un peu d’argent pour rembourser sa dette au passeur.
Un destin tristement banal pour une famille Rom, à la merci des trafiquants en tout genre, qui bascule lorsque Darius et son père sont portés disparus. Alertée par Cybèle, Lina part à leur recherche avec l’aide de Thomas, un ami, remontant la piste périlleuse d’un réseau criminel aux ramifications puissantes.
Un suspense implacable et remarquablement documenté qui retrace le dangereux périple d’une famille Rom à travers l’Europe. Après Les Petites filles, Julie Ewa confirme sa singularité et se place parmi les jeunes voix du thriller français.

Biographie de l’auteureJulie EWA a 27 ans et est originaire d’Alsace. Son premier roman a remporté le grand prix VSD du polar 2012, décerné par Jean-Christophe Grangé. En 2016, elle publie aux éditions Albin Michel Les petites filles, prix du Polar Historique 2016 et prix Sang d’encre des lycéens 2016.

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Art et décès de Sophie HENAFF

Le retour de Capestan et de son équipe de déjantés …

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J’attendai avec beaucoup d’impatience cette troisième histoire, qui se déroule dans le milieu du cinéma.

Lorsque le producteur est assassiné d’un coup de couteau dans le dos, la capitaine Eva Rosière, scénariste, est accusée du meurtre.

On retrouve tous les personnages présents déjà dans « Poulets grillés » et « Rester groupés » et si vous n’avez pas lu les précédents romans, il vous sera difficile de suivre cette nouvelle enquête.

La commissaire CAPESTAN est un peu en retrait sur cette histoire (surtout au début) car elle est en congé parentale pour profiter de sa petite fille Joséphine, dix-huit mois : une rigolote la gamine ; elle a toutes les qualités requises pour intégrer dans le futur cette troupe de joyeux amis ; laissons-la grandir !!! Ensuite Eva Rosière troque son tablier de policière excentrique pour celui de diva du cinéma, toujours avec son franc-parler, ce qui va la mettre en danger jusqu’à la fin. Pour le reste pas trop de changements, si ce n’est que tout part à vau-l’eau …

Cela a été un réel plaisir de retrouver cette fine équipe ; l’auteure s’est renouvelée dans la narration : moins de sensationnels (voir les deux précédents romans), les jeux de mots sont plus subtils, l’humour est toujours là mais c’est plus raffinée, l’histoire est mieux structurée.

Un bon moment de lecture ♥♥♥ et une rencontre souriante avec l’auteure au festival du polar à Bruxelles.

Lu en version numérique. Sortie nationale le 06 mars 2019.

Résumé de l’histoireSilence, on tue ! C’est sur un plateau de cinéma que la plus sympathique bande de loosers du 36 Quai des Orfèvres fait son come-back, avec toujours à sa tête la célèbre commissaire Anne Capestan, obligée d’interrompre son congé parental pour sauver une ex-collègue. La Capitaine Eva Rosière, qui se consacre désormais à sa carrière de scénariste, est accusée du meurtre d’un réalisateur, retrouvé un couteau entre les deux omoplates, défoncé à la kétamine ! Eva avait, il est vrai, juré de le tuer…

Le Cluedo peut commencer. Sa gamine sous le bras, Anne Capestan est prête.

Après le succès de Poulets grillés (prix des lecteurs du Livre de Poche) et de Rester groupés, Sophie Hénaff poursuit sa série désopilante et savoureuse. On en redemande !

Biographie de l’auteure : Journaliste à Cosmopolitan où elle tient la fameuse Cosmoliste, Sophie Hénaff est l’auteur de Poulets Grillés, un premier roman qui a obtenu le prix Polars en série (Quais du polar/Le Monde des livres), le prix Arsène Lupin 2015 et le prix du meilleur polar francophone, et de sa suite Rester groupés, paru en 2016 aux éditions Albin Michel.

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Au 5ème étage de la faculté de droit de Christos MARKOGIANNAKIS

HERCULE POIROT A LA GRECQUE !!!!

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Le roman démarre sur les chapeaux de roue …

Deux morts : froidement abbatus, sans raisons et sans liens apparents. Il y a la professeure Siomou, dite la Vipère, acarîatre, aigrie, quarante ans et Anghelos Kondylis, doctorant, vingt-huit ans.

L’enquête va être confiée au capitaine Markou, nouvellement promu.

A ce cinquième étage, de cette faculté, à Athènes, toutes les solutions vont être envisagées.

L’histoire est découpée en trois parties :

  1. Partie très lente ; c’est la collecte des indices, la découverte de tous les personnages ; qui fait quoi, pourquoi, comment, où. Les descriptions des témoins sont très précises. L’auteur prend son temps pour expliquer tout ce que son enquêteur voit, entend. Il nous oriente également vers un coupable, tout désigné.
  2. Puis tout bascule, tout se précipite, tout s’accélère. On croit détenir la vérité mais c’est sans compter sur le raisonnement implacable du capitaine Markou.
  3. Tous les présumés innocents/coupables sont réunis autour de notre enquêteur ; il a fait marcher ses petites cellules grises (comme Hercule Poirot) et devant l’auditoire ahuri il délivre la vérité.

J’ai failli arrêter ma lecture à la moitié du livre car c’était lent et je ne voyais pas trop où l’auteur voulait en venir. Heureusement que j’ai persévéré car finalement j’ai beaucoup aimé : l’écriture est très agréable, le lieu est insolite (Athènes en plein hiver), l’histoire et l’enquête (qui démarre en France pour se terminer en Grèce) sont bien menées, le mobile, les personnages. L’auteur est très accueillant et avenant (rencontré au festival du polar à Bruxelles.

Je vous recommande vivement cette 1ère enquête. ♥♥♥♥

Lu en version numérique. Sortie nationale le 03 avril 2018.

Résumé de l’histoireCinquième étage de la faculté de droit d’Athènes, section de criminologie. Anghélos Kondylis, doctorant en criminologie, découvre le corps sans vie de la professeure Irini Siomou… avant d’être tué à son tour.
Chargé d’enquêter sur ce double meurtre, Christophoros Markou, jeune capitaine fraîchement diplômé, entre dans l’univers secret de l’Université : un effrayant dédale où s’entrelacent ambitions professionnelles, compromissions, lâchetés et vanités.
Markou trouvera-t-il la lumière ?

Puisant dans sa propre expérience, Christos Markogiannakis, diplômé de criminologie et de droit, auteur d’un essai remarqué, Scènes de crime au Louvre, signe un brillant premier polar qui dévoile la personnalité atypique du capitaine Markou, empêcheur de tourner en rond dans une Grèce au bord du chaos.

Biographie de l’auteurChristos Markogiannakis est né en 1980 à Héraklion. Il a étudié le droit et la criminologie à Athènes et à Paris et travaillé pendant plusieurs années comme avocat pénaliste. Il est auteur de romans policiers et d’installations mêlant l’art et le crime, ses « Criminarts ». En 2017, il a publié un essai intitulé Scènes de crime au Louvre (éditions Le Passage) qui analyse la représentation du crime dans les tableaux du Louvre, et qui a reçu un très bon accueil critique. Au 5e étage de la faculté de droit est son premier roman traduit en français.

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Un monde idéal de Sylvie GRANOTIER

Que ton idéal soit le reflet de ton âme
(Gustave Thibon « L’échelle de Jacob 1942 »)

C’est avec l’idéal qu’on abîme le réel
(Henri-Frédéric Amiel 09.07.1876)

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Maître Catherine MONSIGNY est une pénaliste reconnue ; défenseure des causes perdues. Lorsqu’un jour, Emilie, étudiante en Khâgne, lui demande de défendre son fiancé Slimane Benflika, incarcéré, la grande roue de la manipulation va se mettre à tourner lentement, doucement, innocemment jusqu’à l’explosion de la vérité.

Sylvie GRANOTIER aborde dans ce nouveau roman un thème dont l’actualité a été-est au coeur de notre quotidien : l’endoctrinement religieux ou comment sont recrutées ces « chairs à canon » qui partent faire le djihad. On pense tous être à l’abri des propagandes, que seuls les nantis sont concernés, mais quelle fausse idée !!!! Derrière nos arrogances et nos prétentions nous sommes tous persuasifs. Tous les niveaux sociaux et familiaux peuvent en faire les frais. Et c’est là où l’auteure pointe avec justesse la triste réalité. Cette avocate et cette étudiante en sont les purs reflets : d’une condescendance et d’une insolence pour l’une, d’une naïveté et d’une insouciance pour l’autre, cette ascendance intellectuelle sur l’autre est d’une finesse intéressante.

Et puis il y a celui qui n’est rien, détenu, que personne n’écoute, ne voit, n’intéresse et qui s’avèrera être beaucoup plus pragmatique et malin que les autres.

Une histoire très intéressante à lire que j’ai dévorée les yeux écarquillés. ♥♥♥♥

Une magnifique rencontre avec l’auteure au festival du polar à Bruxelles.

Je remercie chaleureusement les éditions Albin Michel pour leur confiance. Sortie nationale le 27 mars 2019.

Extrait du livre page 37 :  »  -Vous ne me serrez pas la main parce que vous êtes mal élevé ou parce que je suis une femme ? – Par respect pour les femmes, corrige-t-il, sentencieux. – Par peur des femmes, mépris pour les femmes … Catherine égrène tranquillement les hypothèses tout en récupérant son sac où elle glisse son carnet. – Vous auriez du choisir l’Arabie saoudite ou le Qatar. Mais pas la France. On est pour l’égalité des sexes ici. Vous ne sentez pas cette odeur nauséabonde ? C’est celle du mépris, le vôtre.

Elle vérifie d’un coup d’oeil qu’elle n’oublie rien et, ignorant le détenu, se dirige vers la sortie d’un pas décidé. Le prisonnier reste impassible, mais son bras lui échappe et jaillit pour la retenir. La manche courte de son tee-shirt dévoile un tatouage étrange au-dessus de son coude : deux serpents autour d’un bâton. On dirait le caducée médical. Encore une victime de cette mode inexplicable en progression exponentielle. Marqueur d’appartenance à un groupe ou au contraire d’individualité revendiquée ?

A la porte, Catherine, en adepte de la formation continue, explique que le serrement de main, à l’origine, permettait de vérifier qu’on n’était pas armé. C’est une marque de confiance. »

Résumé de l’histoire : Le monde idéal est un rêve qui peut tourner au cauchemar quand on a le malheur d’y croire. Cela avait tout l’air d’une histoire banale. Slimane, un Algérien en rupture de ban, est accusé d’une agression sans mobile évident. Le genre de délinquance ordinaire qui fait le quotidien de Catherine Monsigny, pénaliste aguerrie. Mais l’ardeur avec laquelle la fiancée du jeune homme lui demande de prendre sa défense a de quoi éveiller les soupçons : brillante étudiante en khâgne, issue d’un milieu bourgeois, elle détonne dans cet univers de petits voyous. Catherine Monsigny accepte sans se douter qu’elle constitue la pièce maîtresse d’un piège dont elle sera l’ultime victime. Sylvie Granotier, l’auteure entre autres de Double Je et Le passé n’oublie jamais, démonte en virtuose la mécanique infernale de la dépossession de soi jusqu’à la radicalisation sans retour.

Biographie de l’auteureSylvie Granotier est une actrice et scénariste de télévision et de cinéma française, née le 19 mars 1951 à Alger. Elle est également un écrivain de romans policiers et une traductrice de romans écrits en langue anglaise.

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La folie Tristan de Gilles SEBHAN

Thriller psychologique déjanté …

9782812616990Un roman très noir, très sombre. Quand la folie enfantine devient dangereuse et meurtrière ; Quand le passé enfoui refait surface …

Si vous aimez vous détendre avec les puzzles, je vous propose de reconstituer celui de « La folie Tristan ».

Un royaume dont le prince est un enfant …

La quatrième de couverture est largement descriptive pour vous faire plonger dans cette histoire ; je vais donc vous donner mon ressenti et vous parler de l’auteur que j’ai eu la chance de rencontrer au festival du polar à Bruxelles du 12 au 14 avril 2019.

Tout d’abord, Gilles SEBHAN a mélangé plusieurs styles d’écriture : parfois sensible, souvent féroce, j’ai terminé ma lecture avec plusieurs interrogations : doit-on avoir de la compassion ? doit-on pardonner ? doit-on remuer les souvenirs ? j’ai été choquée, j’ai été meurtrie, j’ai essayé de comprendre et c’est là où la rencontre avec l’auteur m’a beaucoup aidée. Oui j’ai compris que sans compassion, on ne peut pas pardonner, oui j’ai compris que pour se (re)construire, il faut savoir d’où l’on vient même si c’est cruel et émouvant à accepter. L’auteur a également eu le savoir-écrire de parler d’homoséxualité féminine mais en toute discrétion, sans que cela puisse interférer dans l’histoire principale. Bravo!!!!

Ne jugez personne mais allez au bout de cette lecture. Vous n’en ressortirez pas indemne.

« La folie Tristan » ♥♥♥♥est le deuxième volet d’une histoire commencée avec « Cirque mort » (que je n’ai pas lu), vous ne serez pas gêner si vous commencez comme moi par ce livre, bien au contraire, cela éveillera surement en vous le besoin de connaître la génèse de cette « folle » histoire … ; en attendant un troisième livre suivra en janvier 2020. Si vous croisez l’auteur, n’hésitez surtout pas à aller à sa rencontre.

Je remercie chaleureusement les éditions du Rouergue noir pour leur confiance. Sortie nationale le 02 janvier 2019.

Extrait du livre page 119 : Je ne veux plus jamais revoir ma famille, dit-elle dans une sorte de cri indigné, je ne veux plus revoir ma famille vous comprenez ? Elle plaça un verre ébréché sur la nappe plastifiée et le remplit de vin. Buvez, ordonna-t-elle. Vous devez vous fortifier, n’est-ce pas. Vous devez grandir. Je ne pourrai pas toujours m’occuper de vous, ça, il faut que vous le compreniez. Buvez votre vin ensuite vous partirez. Je ne peux pas m’occuper d’un petit garçon avec un seul pied. Le journaliste la laissa parler, se contentant de faire semblant de boire. Il reconnaissait dans le délire de la femme le portrait qu’en faisait le médecin qui l’avait examinée des années plus tôt et dont le compte rendu se trouvait dans le dossier. Il songea, fasciné, que la folie avait une permanence incroyable. Un délire pouvait traverser les années.

Résumé de l’histoire : Dans cette petite ville secouée par les disparitions tragiques de plusieurs enfants, un vieil hôpital constitue le nouvel épicentre. C’est là que le lieutenant Dapper, qui vient de retrouver son fils et de tuer son ravisseur, se retrouve hospitalisé après une blessure par balle. Là que Théo est examiné par médecins et psychiatres pour évaluer son état après trois mois de captivité. Là encore que planque un journaliste dépêché par sa rédaction pour écrire sur cette affaire au dénouement aussi heureux qu’imprévisible. Or, Dapper, qui a remué ciel et terre pour sauver Théo, se découvre incapable de renouer les liens avec son fils. Au contraire, son propre passé d’enfant abandonné, trimballé de foyer en foyer, l’envahit. Il décide d’enquêter sur les mystères qui entourent sa naissance. Sans se douter de la folie vers laquelle son fils dérive, ni que de nouveaux événements sont sur le point de meurtrir la ville.
Dans ce vénéneux roman de Gilles Sebhan, tout commence au pied d’un arbre de pierre, dans la ville ancienne, tout conduit au secret du cœur des pères, tout ramène aux origines. Et si l’innocence constituait la plus grande des cruautés ?

Biographie de l’auteurGilles Sebhan, né le 2 janvier 1967, est un écrivain et peintre français d’origine juive marocaine.

Gilles Sebhan vit et travaille à Paris. Il est également professeur de français en région parisienne.

En grande partie autobiographiques, ses quatre premiers romans sont, selon René de Ceccatty, « violents et érotiques, assez provocants, mais témoignent d’une vraie réflexion sur la sexualité, sur la criminalité, sur les générations »2Haut risque décrit ainsi la relation amoureuse d’un professeur de collège avec l’un de ses élèves, tandis que Presque gentil explore les frontières persistantes entre hétérosexualité et homosexualité pour un jeune ouvrier égyptien. Avec La Dette, publié en 2006, Sebhan s’interroge sur son père qui a porté l’étoile jaune pendant l’Occupation et a participé à la guerre d’Algérie dans l’armée française. Il y établit un parallèle entre la vérité sur le père et la vérité sur soi. La figure du père est à nouveau sollicitée dans son roman suivant, Fête des pères, qui brosse le portrait d’un tueur en série.

En 2010, Sebhan choisit de rendre hommage à l’écrivain Tony Duvert, célébré dans les années 1970 avant de tomber dans un silence et un isolement que tente de comprendre Sebhan. Son ouvrage suivant traite à nouveau d’un écrivain, Jean Genet, l’un de ses « maîtres d’écriture et de vie »3, mettant en parallèle le suicide, en 1964, de l’amant de Genet, Abdallah Bentaga, et l’abandon par lui-même de son jeune amant Majed.

Parallèlement à son œuvre d’écrivain, Gilles Sebhan explore ce même univers dans la peinture. Une œuvre picturale célébrée par Arthur Dreyfus (« Écrivain du mystère des garçons, Gilles Sebhan devient peintre et ne change pas de sujet. Gueules de coulisses, visages brûlants, décombres d’enfance : le moindre de ses yeux provoque la stupéfaction4 ») ou par Alain Blottière (« C’est ainsi que je vois les portraits des garçons de Gilles Sebhan. Nimbés de leur propre lumière, ce sont des dieux, ou des saints. Et ces portraits sont des icônes4. »).

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