La folie Tristan de Gilles SEBHAN

Thriller psychologique déjanté …

9782812616990Un roman très noir, très sombre. Quand la folie enfantine devient dangereuse et meurtrière ; Quand le passé enfoui refait surface …

Si vous aimez vous détendre avec les puzzles, je vous propose de reconstituer celui de « La folie Tristan ».

Un royaume dont le prince est un enfant …

La quatrième de couverture est largement descriptive pour vous faire plonger dans cette histoire ; je vais donc vous donner mon ressenti et vous parler de l’auteur que j’ai eu la chance de rencontrer au festival du polar à Bruxelles du 12 au 14 avril 2019.

Tout d’abord, Gilles SEBHAN a mélangé plusieurs styles d’écriture : parfois sensible, souvent féroce, j’ai terminé ma lecture avec plusieurs interrogations : doit-on avoir de la compassion ? doit-on pardonner ? doit-on remuer les souvenirs ? j’ai été choquée, j’ai été meurtrie, j’ai essayé de comprendre et c’est là où la rencontre avec l’auteur m’a beaucoup aidée. Oui j’ai compris que sans compassion, on ne peut pas pardonner, oui j’ai compris que pour se (re)construire, il faut savoir d’où l’on vient même si c’est cruel et émouvant à accepter. L’auteur a également eu le savoir-écrire de parler d’homoséxualité féminine mais en toute discrétion, sans que cela puisse interférer dans l’histoire principale. Bravo!!!!

Ne jugez personne mais allez au bout de cette lecture. Vous n’en ressortirez pas indemne.

« La folie Tristan » ♥♥♥♥est le deuxième volet d’une histoire commencée avec « Cirque mort » (que je n’ai pas lu), vous ne serez pas gêner si vous commencez comme moi par ce livre, bien au contraire, cela éveillera surement en vous le besoin de connaître la génèse de cette « folle » histoire … ; en attendant un troisième livre suivra en janvier 2020. Si vous croisez l’auteur, n’hésitez surtout pas à aller à sa rencontre.

Je remercie chaleureusement les éditions du Rouergue noir pour leur confiance. Sortie nationale le 02 janvier 2019.

Extrait du livre page 119 : Je ne veux plus jamais revoir ma famille, dit-elle dans une sorte de cri indigné, je ne veux plus revoir ma famille vous comprenez ? Elle plaça un verre ébréché sur la nappe plastifiée et le remplit de vin. Buvez, ordonna-t-elle. Vous devez vous fortifier, n’est-ce pas. Vous devez grandir. Je ne pourrai pas toujours m’occuper de vous, ça, il faut que vous le compreniez. Buvez votre vin ensuite vous partirez. Je ne peux pas m’occuper d’un petit garçon avec un seul pied. Le journaliste la laissa parler, se contentant de faire semblant de boire. Il reconnaissait dans le délire de la femme le portrait qu’en faisait le médecin qui l’avait examinée des années plus tôt et dont le compte rendu se trouvait dans le dossier. Il songea, fasciné, que la folie avait une permanence incroyable. Un délire pouvait traverser les années.

Résumé de l’histoire : Dans cette petite ville secouée par les disparitions tragiques de plusieurs enfants, un vieil hôpital constitue le nouvel épicentre. C’est là que le lieutenant Dapper, qui vient de retrouver son fils et de tuer son ravisseur, se retrouve hospitalisé après une blessure par balle. Là que Théo est examiné par médecins et psychiatres pour évaluer son état après trois mois de captivité. Là encore que planque un journaliste dépêché par sa rédaction pour écrire sur cette affaire au dénouement aussi heureux qu’imprévisible. Or, Dapper, qui a remué ciel et terre pour sauver Théo, se découvre incapable de renouer les liens avec son fils. Au contraire, son propre passé d’enfant abandonné, trimballé de foyer en foyer, l’envahit. Il décide d’enquêter sur les mystères qui entourent sa naissance. Sans se douter de la folie vers laquelle son fils dérive, ni que de nouveaux événements sont sur le point de meurtrir la ville.
Dans ce vénéneux roman de Gilles Sebhan, tout commence au pied d’un arbre de pierre, dans la ville ancienne, tout conduit au secret du cœur des pères, tout ramène aux origines. Et si l’innocence constituait la plus grande des cruautés ?

Biographie de l’auteurGilles Sebhan, né le 2 janvier 1967, est un écrivain et peintre français d’origine juive marocaine.

Gilles Sebhan vit et travaille à Paris. Il est également professeur de français en région parisienne.

En grande partie autobiographiques, ses quatre premiers romans sont, selon René de Ceccatty, « violents et érotiques, assez provocants, mais témoignent d’une vraie réflexion sur la sexualité, sur la criminalité, sur les générations »2Haut risque décrit ainsi la relation amoureuse d’un professeur de collège avec l’un de ses élèves, tandis que Presque gentil explore les frontières persistantes entre hétérosexualité et homosexualité pour un jeune ouvrier égyptien. Avec La Dette, publié en 2006, Sebhan s’interroge sur son père qui a porté l’étoile jaune pendant l’Occupation et a participé à la guerre d’Algérie dans l’armée française. Il y établit un parallèle entre la vérité sur le père et la vérité sur soi. La figure du père est à nouveau sollicitée dans son roman suivant, Fête des pères, qui brosse le portrait d’un tueur en série.

En 2010, Sebhan choisit de rendre hommage à l’écrivain Tony Duvert, célébré dans les années 1970 avant de tomber dans un silence et un isolement que tente de comprendre Sebhan. Son ouvrage suivant traite à nouveau d’un écrivain, Jean Genet, l’un de ses « maîtres d’écriture et de vie »3, mettant en parallèle le suicide, en 1964, de l’amant de Genet, Abdallah Bentaga, et l’abandon par lui-même de son jeune amant Majed.

Parallèlement à son œuvre d’écrivain, Gilles Sebhan explore ce même univers dans la peinture. Une œuvre picturale célébrée par Arthur Dreyfus (« Écrivain du mystère des garçons, Gilles Sebhan devient peintre et ne change pas de sujet. Gueules de coulisses, visages brûlants, décombres d’enfance : le moindre de ses yeux provoque la stupéfaction4 ») ou par Alain Blottière (« C’est ainsi que je vois les portraits des garçons de Gilles Sebhan. Nimbés de leur propre lumière, ce sont des dieux, ou des saints. Et ces portraits sont des icônes4. »).

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