Le temps des hyènes de Carlo Lucarelli

51atsS7eZML._SX195_.jpg J’ai découvert Carlo Lucarelli, il y a peu de temps, grâce à l’excellentissime et court polar « Meurtre aux poissons rouges » (voir chronique précédente), co-écrit avec Andréa Camilleri, autre maître du polar italien.

L’auteur a été, cette année, invité à la foire du livre de Bruxelles (22-25 février 2018) pour une table ronde et une séance de dédicace.

« Le temps des hyènes » est le troisième livre dont l’action se déroule en Erythrée (pays du nord-est de l’Afrique).

Après « La huitième vibration » (sortie en 2010) et « Albergo Italia » (sortie en 2016), l’auteur continue à nous faire découvrir ce pays. Mais pourquoi l’Erythrée ? Tout simplement pour nous parler des origines de son épouse  et lui rendre hommage (je vous rassure Madame Lucarelli est toujours parmi nous et j’ai même eu la chance de la rencontrer).

L’histoire de ce livre démarre donc à Asmara où une colonie italienne est présente. Les découvertes de pendus sur la plus haute branche d’un sycomore (variété de figuier) d’Afelba et d’une vieille sorcière atrocement mutilée laissent tout le monde indifférent. Mais lorsque le marquis Spérandio est retrouvé mort, les carabiniers royaux Colaprico et Ogbà accourent. Démarre alors une enquête qui partira dans tous les sens et dont j’ai parfois eu du mal à suivre. L’auteur a souligné maintes fois la pauvreté, la violence, le racisme, l’indifférence, la justice à deux vitesses dans son livre, nous rappelant notre quotidien.

Carlo Lucarelli a également utilisé de nombreuses expressions érythréennes et italiennes (traduites pour la plupart par l’excellent Serge Quadruppani) afin de mettre en évidence, je pense, le dénuement très fort de ce peuple face aux colons – italiens – et aux nantis. Le rythme est irrégulier, parfois lent parfois rapide, mais cela n’a pas été gênant car les mots sont tellement bien choisis – forts et précis – que les 190 pages se lisent d’une traite.

Finalement lorsque j’ai eu fini ma lecture, ma réflexion a été la suivante : « Elémentaire mon cher Watson !!! ».

Je remercie chaleureusement les Editions Métailié pour leur confiance. Sortie nationale le 08 février 2018.

Résumé : Une épidémie de suicides s’empare de la colonie italienne d’Érythrée : le sort des indigènes n’intéresse guère, mais quand on découvre le corps du marquis Sperandio, propriétaire des terres et pionnier enthousiaste, pendu au plus haut sycomore d’Afelba, les autorités s’émeuvent. Aussitôt le capitaine des carabiniers royaux Colaprico et Ogbà, son Sherlock Holmes abyssin, accourent. Nos deux enquêteurs s’égarent dans des fausses pistes à dos de mulet, du port de Massaoua aux hauts plateaux d’Asmara : il faudra bien scruter la terre rouge. Une vieille sorcière, un étrange chien féroce, une princesse noire, d’anciennes amitiés, deux sales types qui cachent bien leur jeu et des métaphores à base de piment viennent épaissir le mystère. Les agioteurs mafieux ne sont pas loin, le temps des hyènes a commencé. Cupidité des colons, hostilité des soldats, racisme crasse font de ce court polar un petit bijou du genre, drôle, efficace et diablement sensuel. Il n’y manque ni le recours aux langues locales de la corne de l’Afrique et de la botte italienne, ni la morale finale comme on l’aime. Une réussite.

L’auteur : Chroniqueur, scénariste et dramaturge italien né à Parme en 1960, Carlo LUCARELLI a publié de nombreux romans, romans policiers, thrillers et livres d’enquêtes, dont les best-sellers Misteri d’Italia et Nuovi Misteri d’Italia, enquêtes sur des faits divers non résolus. Il écrit également des scénarios de BD et anime une célèbre émission de télévision sur des affaires non résolues.

20180223_191024.jpg         20180223_192830.jpg
présents de gauche à droite Sylvain Forge, Carlo Lucarelli, Benedek Totth (pull vert) et les traducteurs

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s