La folie Tristan de Gilles SEBHAN

Thriller psychologique déjanté …

9782812616990Un roman très noir, très sombre. Quand la folie enfantine devient dangereuse et meurtrière ; Quand le passé enfoui refait surface …

Si vous aimez vous détendre avec les puzzles, je vous propose de reconstituer celui de « La folie Tristan ».

Un royaume dont le prince est un enfant …

La quatrième de couverture est largement descriptive pour vous faire plonger dans cette histoire ; je vais donc vous donner mon ressenti et vous parler de l’auteur que j’ai eu la chance de rencontrer au festival du polar à Bruxelles du 12 au 14 avril 2019.

Tout d’abord, Gilles SEBHAN a mélangé plusieurs styles d’écriture : parfois sensible, souvent féroce, j’ai terminé ma lecture avec plusieurs interrogations : doit-on avoir de la compassion ? doit-on pardonner ? doit-on remuer les souvenirs ? j’ai été choquée, j’ai été meurtrie, j’ai essayé de comprendre et c’est là où la rencontre avec l’auteur m’a beaucoup aidée. Oui j’ai compris que sans compassion, on ne peut pas pardonner, oui j’ai compris que pour se (re)construire, il faut savoir d’où l’on vient même si c’est cruel et émouvant à accepter. L’auteur a également eu le savoir-écrire de parler d’homoséxualité féminine mais en toute discrétion, sans que cela puisse interférer dans l’histoire principale. Bravo!!!!

Ne jugez personne mais allez au bout de cette lecture. Vous n’en ressortirez pas indemne.

« La folie Tristan » ♥♥♥♥est le deuxième volet d’une histoire commencée avec « Cirque mort » (que je n’ai pas lu), vous ne serez pas gêner si vous commencez comme moi par ce livre, bien au contraire, cela éveillera surement en vous le besoin de connaître la génèse de cette « folle » histoire … ; en attendant un troisième livre suivra en janvier 2020. Si vous croisez l’auteur, n’hésitez surtout pas à aller à sa rencontre.

Je remercie chaleureusement les éditions du Rouergue noir pour leur confiance. Sortie nationale le 02 janvier 2019.

Extrait du livre page 119 : Je ne veux plus jamais revoir ma famille, dit-elle dans une sorte de cri indigné, je ne veux plus revoir ma famille vous comprenez ? Elle plaça un verre ébréché sur la nappe plastifiée et le remplit de vin. Buvez, ordonna-t-elle. Vous devez vous fortifier, n’est-ce pas. Vous devez grandir. Je ne pourrai pas toujours m’occuper de vous, ça, il faut que vous le compreniez. Buvez votre vin ensuite vous partirez. Je ne peux pas m’occuper d’un petit garçon avec un seul pied. Le journaliste la laissa parler, se contentant de faire semblant de boire. Il reconnaissait dans le délire de la femme le portrait qu’en faisait le médecin qui l’avait examinée des années plus tôt et dont le compte rendu se trouvait dans le dossier. Il songea, fasciné, que la folie avait une permanence incroyable. Un délire pouvait traverser les années.

Résumé de l’histoire : Dans cette petite ville secouée par les disparitions tragiques de plusieurs enfants, un vieil hôpital constitue le nouvel épicentre. C’est là que le lieutenant Dapper, qui vient de retrouver son fils et de tuer son ravisseur, se retrouve hospitalisé après une blessure par balle. Là que Théo est examiné par médecins et psychiatres pour évaluer son état après trois mois de captivité. Là encore que planque un journaliste dépêché par sa rédaction pour écrire sur cette affaire au dénouement aussi heureux qu’imprévisible. Or, Dapper, qui a remué ciel et terre pour sauver Théo, se découvre incapable de renouer les liens avec son fils. Au contraire, son propre passé d’enfant abandonné, trimballé de foyer en foyer, l’envahit. Il décide d’enquêter sur les mystères qui entourent sa naissance. Sans se douter de la folie vers laquelle son fils dérive, ni que de nouveaux événements sont sur le point de meurtrir la ville.
Dans ce vénéneux roman de Gilles Sebhan, tout commence au pied d’un arbre de pierre, dans la ville ancienne, tout conduit au secret du cœur des pères, tout ramène aux origines. Et si l’innocence constituait la plus grande des cruautés ?

Biographie de l’auteurGilles Sebhan, né le 2 janvier 1967, est un écrivain et peintre français d’origine juive marocaine.

Gilles Sebhan vit et travaille à Paris. Il est également professeur de français en région parisienne.

En grande partie autobiographiques, ses quatre premiers romans sont, selon René de Ceccatty, « violents et érotiques, assez provocants, mais témoignent d’une vraie réflexion sur la sexualité, sur la criminalité, sur les générations »2Haut risque décrit ainsi la relation amoureuse d’un professeur de collège avec l’un de ses élèves, tandis que Presque gentil explore les frontières persistantes entre hétérosexualité et homosexualité pour un jeune ouvrier égyptien. Avec La Dette, publié en 2006, Sebhan s’interroge sur son père qui a porté l’étoile jaune pendant l’Occupation et a participé à la guerre d’Algérie dans l’armée française. Il y établit un parallèle entre la vérité sur le père et la vérité sur soi. La figure du père est à nouveau sollicitée dans son roman suivant, Fête des pères, qui brosse le portrait d’un tueur en série.

En 2010, Sebhan choisit de rendre hommage à l’écrivain Tony Duvert, célébré dans les années 1970 avant de tomber dans un silence et un isolement que tente de comprendre Sebhan. Son ouvrage suivant traite à nouveau d’un écrivain, Jean Genet, l’un de ses « maîtres d’écriture et de vie »3, mettant en parallèle le suicide, en 1964, de l’amant de Genet, Abdallah Bentaga, et l’abandon par lui-même de son jeune amant Majed.

Parallèlement à son œuvre d’écrivain, Gilles Sebhan explore ce même univers dans la peinture. Une œuvre picturale célébrée par Arthur Dreyfus (« Écrivain du mystère des garçons, Gilles Sebhan devient peintre et ne change pas de sujet. Gueules de coulisses, visages brûlants, décombres d’enfance : le moindre de ses yeux provoque la stupéfaction4 ») ou par Alain Blottière (« C’est ainsi que je vois les portraits des garçons de Gilles Sebhan. Nimbés de leur propre lumière, ce sont des dieux, ou des saints. Et ces portraits sont des icônes4. »).

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Illusion tragique de Gilda PIERSANTI

Petits secrets entre voisins …

 

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L’auteure devait être présente au festival du polar de Bruxelles du 12 au 14 avril 2019 et je ne pouvais pas passer à côté de cette visite.

J’ai décidé de lire « Illusion tragique » (en version numérique) sans rien connaître ni de l’histoire, ni du style d’écriture de Gilda PIERSANTI.

Quelle magnifique surprise que ce huis-clos ; L’histoire se déroule en Italie, sur les bords du Tibre, dans un immeuble où tous les voisins se connaissent : l’un d’entre eux sème la suspicion, il s’agit de Roberto RUPER, petit fonctionnaire, vieux garçon, méticuleux, dont les habitudes de vie sont vite repérées par les deux seuls enfants présents dans ce bâtiment : Mario  et Riccardo ; RUPER a des secrets dont celui d’être amoureux d’une « Love doll » … Et puis un jour, tout semble rentrer dans l’ordre lorsque la maman de Mario, « Stella », célibataire, tombe amoureuse de RUPER. Prévenant, attentionné avec elle, Stella va se jeter aveuglément dans cette nouvelle relation. Mais la mort aura frapper plusieurs fois. Le mal va faire son chemin et il sera dévastateur.

Cette force d’écriture de cette auteure italienne est absolument envoûtante. Je n’ai eu aucune compassion, aucune sympathie, aucune empathie pour ces personnages. Tous fautifs. Pervers narcissique, nécrophile, manipulateur, abandon, honte, frustration, remords, vengeance, tout est réuni dans ce très fort roman noir. Psychologiquement, émotionnellement, intellectuellement émouvant.

Gilda PIERSANTI est pétillante, souriante, accueillante, j’ai été ravie de pouvoir échanger avec elle. Je vous recommande vivement ce roman très sombre. Très belle découverte ♥♥♥♥

Résumé de l’histoire :

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Biographie de l’auteure : Née en Italie quand les sixties n’étaient pas les sixties, non loin de la villa d’Hadrien, elle a grandi à Rome et nourri une passion précoce pour la Ville éternelle. Etudes classiques (latin, grec). Tombée raide amoureuse d’un traducteur de littérature française, elle s’est plongée dans son premier roman en français, c’est la révélation. Philosophe, critique littéraire, traductrice, commissaire d’expositions, elle est l’auteur de romans noirs et elle se consacre à l’écriture depuis 1995.
Les quatre saisons meurtrières : quatre histoires, quatre enquêtes policières qui débutent sur des lieux communs du noir pour les déjouer.

Quatre romans qui se déroulent dans quatre quartiers de Rome. La ville éternelle apparait comme un vaste puzzle dont on découvre un angle à chaque fois. Evolution au fil des saisons du couple D’ Innocenzo (vieux commissaire) & Mariella DE Luca (jeune femme inspecteur principal) leurs vies personnelles se heurtent et s’entremêlent avec les enquêtes.
Elle poursuit les enquêtes de Mariella dans « Vengeances Romaines ». Roman policier qui montre les traces des années de plomb dans l’Italie d’aujourd’hui. Avec l’opus suivant, « «Roma Enigma », elle signe un roman particulièrement captivant qui nous plonge au coeur de la société italienne contemporaine et de ses contradictions.

LES SAISONS MEURTRIÈRES :

Premier cycle des saisons meurtrières

Rouge abattoir (Le Passage en 2003. Pocket en 2008) l’hiver.

Vert Palatino (Le Passage en 2005. Pocket en 2009) le printemps. Prix Polar dans la ville 2006

Bleu Catacombes (Le Passage en 2007. Pocket en 2009) l‘été. Prix Polar SNCF du polar européen 2007

Jaune Caravage (Le Passage en 2008. Pocket en 2010) l’automne

Deuxième cycle des Saisons meurtrières

Vengeances romaines (Le Passage en 2009. Pocket en 2012)

Roma enigma (Le Passage en 2010. Pocket en 2013)

Wonderland (Le Passage en 2012, Pocket en 2016)

Le saut de Tibère (Le Passage en 2013, Pocket 2017)

AUTRES ROMANS POLICIERS
L’inconnu du Paris Rome (Le Passage coll. Polarchives, 2003)
Assassinat politique
Les liens du silence (Le Passage en 2015)
Illusion tragique (Le Passage en 2017)
LITTERATURE BLANCHE
Médées (Le Passage en 2006)

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Le colis de Sebastian FITZEK

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Parce que je suis une inconditionnelle des livres de Sebastian FITZEK, je ne résiste jamais bien longtemp, dès leur sortie, à découvrir les aventures de ses personnages.

La peur, voilà comment cette histoire démarre. Emma a six ans, elle a peur des fantômes. Une nuit, alors qu’elle entend du bruit dans l’armoire de sa chambre, elle court se réfugier dans le lit de ses parents. Son père, furieux d’être réveillée, la sermonne violemment et la renvoie se coucher. Dépitée, elle raconte son histoire à Arthur ; mais qui est Arthur ?

28 ans plus tard
Emma STEIN est psychiatre, mariée à Philipp. Un soir, au retour d’une conférence, dans sa chambre d’hôtel, alors qu’elle sort de sa douche, sur le miroir de la salle de bains est inscrit « FICHE LE CAMP AVANT QU’IL SOIT TROP TARD ». Mais qui a bien pu s’instroduire dans son intimité ? Dans le même temps, elle est violemment agressée par un inconnu … Paniquée, angoissée, elle décide de se retirer dans sa maison familiale et de rester cloîtrer.

J’ai trouvé une nouvelle fois et pour mon plus grand plaisir chez l’auteur son intérêt à essayer de comprendre la psychologie humaine. J’ai été complètement plongée dans la folie, la paranoia, l’angoisse, le stress d’Emma ; cette femme, victime de bouffée délirante, est toujours à la limite du pétage de plomb. Le doute s’insinue dans toutes les têtes : dans celles de tous les personnages et dans la mienne aussi car franchement j’ai été à un moment tellement persuadée de tenir le nom du coupable car j’en ai souri … eh bien je me suis trompée … L’auteur a su me mener vers celui que je voulais accuser, un vrai leurre. Les chapitres s’enchaînent les uns derrière les autres, le rythme est infernal. La fin est là et … déçue car je voulais un truc trash, violent, une fin qui aurait été dans le prolongement de cette histoire menée tambour-battant. Pourquoi monsieur FITZEK avez-vous décidé de finir comme ça ? c’est trop larmoyant, c’est pas crédible … zut, flûte, re-flûte. Allez je ne vous en veux pas car j’attendrai votre prochaine histoire avec impatience et je la lirai avec autant de plaisir … Sans rancune …

Je remercie chaleureusement les éditions de l’Archipel pour leur confiance. Sortie nationale le 06 mars 2019. ♥♥♥

Extrait page 130 : « Le problème des maladies mentales, c’est l’impossibilité de l’autodiagnostic. Vouloir comprendre son cerveau à l’aide de son propre cerveau revient à peu près aux efforts d’un chirurgien manchot pour se recoudre la main. Ca ne peut pas fonctionner. »

Résumé de l’histoireVous n’auriez jamais dû accepter ce colis !
Psychiatre, Emma Stein a été victime d’une agression nocturne dont elle s’est miraculeusement sortie. Depuis, elle vit recluse dans sa maison, de peur de croiser à nouveau la route de ce psychopathe que la presse a surnommé le Coiffeur.

Un jour, son facteur lui demande d’accepter un colis pour l’un de ses voisins. Emma connaît tous ceux qui habitent dans sa rue. Or, jamais elle n’a entendu parler de cet homme…

Biographie de l’auteur Sebastian Fitzek, né le 13 octobre 1971 à Berlin, est un écrivain et journaliste allemand. Il est considéré comme le maître du roman à suspens allemand, auteur des meilleurs ventes en librairie allemande.

En 1990 obtient son diplôme d’étude secondaire, il poursuit alors ses études en se spécialisant dans la Médecine vétérinaire. Suite au décès de sa chienne Molly et parce qu’il ne pu « avoir permis à mes deux mains gauches de soigner un animal« , il décide de s’orienter vers des études de Droit. À l’aise, il obtient le premier Examen d’État de droit. Il anime des conférences de droit pénal lorsqu’on lui propose un stage d’accompagnement d’étude à la station 104.6 RTL. Dans son ascension dans les médias allemand il devient rédacteur en chef de Berliner Rundfunk. Il abandonne le deuxième Examen d’État de droit pour rédiger une thèse en droit d’auteur en 1996.

Au début des années 2000 : « J’ai accompagné ma petite amie de l’époque, en attendant le temps minimum orthopédiste moyennant de huit heures […]. Et quelque temps, peu après minuit, je me suis posé la question: « Et si ma petite amie ne sortait jamais de la salle de traitement ?«  ». C’est ainsi que lui vint l’idée de son premier roman Thérapie. Le manuscrit est rejeté par tous les éditeurs. Mais en 2002 il rencontre Roman Hocke, un agent littéraire de AVA-International. Il négocie un contrat d’édition avec Droemer-Knaur et Thérapie est publié en 2006 à 4 000 exemplaires. Le succès est immédiat, il s’inscrit dès lors comme le maître du roman à suspens allemand.

Son troisième roman Das Kind (Tu ne te souviendras) est adapté au cinéma anglo-saxon en 2012 par Zsolt Bács. La même année, son quatrième roman Der Seelenbrecher est adapté au théâtre anglophone sous le titre The Sool-Breaker.

En 2010, il épouse sa femme Sandra à Las Vegas dans le Grand Canyon. Ensemble ils ont trois enfants : Charlotte, David et Felix.

Liste des différents ouvrages :

  • Die Therapie, 2006 – traduit en français sous le titre Thérapie par Pascal Rozat, Paris, Éditions de l’Archipel, 2008,
  • Amokspiel, 2007 – traduit en français sous le titre Ne les crois pas par Pascal Rozat, Paris, Éditions de l’Archipel, 2009,
  • Das Kind, 2008 – traduit en français sous le titre Tu ne te souviendras pas par Jean-Marie Argelès, Paris, Éditions de l’Archipel, 2010,
  • Der Seelenbrecher, 2008 – traduit en français sous le titre Le Briseur d’âmes par Penny Lewis, Paris, Éditions de l’Archipel, 2012,
  • Splinter, 2009
  • Der Augensammler, 2010 – traduit en français sous le titre Le Voleur de regards par Jean-Marie Argelès, Paris, Éditions de l’Archipel, 2013,
  • Der Augenjäger, 2011 (suite de Der Augensammler– Le Voleur de regard) – traduit en français sous le titre Le Chasseur de regards par Jean-Marie Argelès, Paris, Éditions de l’Archipel, 2014,
  • Abgeschnitten(avec Michael Tsokos), 2012 – traduit en français sous le titre L’Inciseur par Jean-Marie Argelès, Paris, Éditions de l’Archipel, 2015,
  • Der Nachtwandler. Knaur Taschenbuchverlag, München 2013. – traduit en français sous le titre Le Somnambule par Céline Maurice, Paris, Éditions de l’Archipel, 2017,
  • Passagier 23, 2014 – traduit en français sous le titre Passager 23 par Céline Maurice, Paris, Éditions de l’Archipel, 2018,
  • Das Paket, 2016 – traduit en français sous le titre Le colis par Céline Maurice, Paris, Éditions de l’Archipel, 2019.

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Demande à la savane de Jean-Pierre CAMPAGNE

Massacre à l’africaine …

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Je ne ferai pas long … je ne vous raconterai rien … je vais juste vous parler de mes émotions de lectrice.

Le roman de Jean-Pierre CAMPAGNE oscille entre le conte « il était une fois à Nairobi » et la nouvelle (149 pages) « chasse, tue, trafic, braconnage, enquête ». En peu de mots tout est dit.

Quelle intensité d’écriture, chaque terme, chaque pensée sont puissants ; quelle force dans les descriptions, de vraies peintures de vie tellement réalistes ;
que d’émotions et d’incompréhension face aux massacres mais qui peut comprendre.

J’ai lu ce livre deux fois ; pourquoi ? parce que j’ai senti que j’étais passée à côté de plein de choses. J’ai abordé cette lecture au départ comme d’habitude « un sujet-un verbe-un complément-une histoire-des personnages » mais je me suis complètement trompée. Car ce récit est bien plus qu’un livre : un témoignage dramatique, tellement sombre, tellement noir (pas de jeux de mots s’il vous plaît !!!!), tellement triste. J’ai pris mon temps, je me suis imprégnée des scènes et j’y ai pris un vrai plaisir.

Si vous avez envie de sortir de sentiers battus, lisez ce récit en savourant chaque mot, chaque phrase. Prenez votre temps !!!!!

Je remercie chaleureusement les éditions JIGAL POLAR pour leur confiance. Sortie nationale le 15 février 2019. ♥♥♥

Extrait du livre page 50 : « Liza écoute avec attention dans la semi-pénombre éclairée par une lampe solaire à la faible clarté, elle suit le mouvement des belles lèvres qui murmurent une vie. La nuit des savanes peuplées de mille vies se prête aux confidences, il y a de l’espace. Dans les déserts, les mots prennent trop d’écho, ils se réverbèrent à l’intérieur de soi avec une folle intensité. Mais elle n’ouvrira pas son propre sac de voyage ce soir, de peur de ne pouvoir le refermer. »

Résumé du livre : Alors que, nuit et jour, Nairobi feule de plus en plus fort, Cœur léger, policier sans police, et son amie Jane, brillante reporter au Daily Nation, partent dans le Samburu Park au nord du Kenya, enquêter sur un nouveau massacre d’éléphants. C’est alors qu’ils tombent sur un carnage d’un tout autre genre : celui d’écoliers d’un pensionnat en lisière du parc, assassinés par un groupe armé venu de Somalie. Dans cette poisseuse savane, tombent les mangues et les dernières illusions… Complicité des gardes ? Naïveté des donateurs ? Braconniers assoiffés de dollars ? Spéculation sur l’ivoire en partance pour la Chine ? Seule la savane sait… Surtout lors des nuits de pleine lune, quand barrit sans cesse un jeune éléphant solitaire et désorienté…

Biographie de l’auteur : Né le 5 février 1951 à Pau.
Jean-Pierre Campagne est reporter de guerre à l’AFP (Agence France-Presse). Il est également l’auteur de Dépêches de Somalie (Récits), Éditions du Seuil, 1993, Né la nuit (roman), Éditions Denoël, 1996 (Prix Jules Vernes, 1996), Les Vacances de Dieu (roman), Éditions Denoël, 1997, Le Papillon dans l’oreille de l’éléphant (roman), Éditions Julliard, 2000.

L’étoile du Nord de DB JOHN

Corée du Nord vs Etats-Unis … 

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Un premier roman d’espionnage très très réussi.

Juin 1998 Corée du sud – Plage de Baengnyeong
Soo-min (18 ans) et son fiancé Jae-hoon (19 ans) disparaissent en laissant derrière eux un appareil photo.

Washington DC – Début octobre 2010
Charles Fisk, employé à l’Institut d’Etudes Stratégiques, propose à Jenna Williams de devenir espionne pour la CIA.

Même semaine – Corée du Nord
Moon, une vieille paysanne, met en place un trafic de Choco Pie ; cela pourrait lui coûter la vie.

Annadale – Virginie
Jenna est convaincue qu’il faut qu’elle travaille pour la CIA.

Pyongyang – Corée du Nord – 10 octobre 2010
Cho Sang-ho, lieutenant-colonel, assiste à la commémoration du soixante-cinquième anniversaire de la fondation du Parti des travailleurs. Ce jour-là, sa vie va basculer.

Tous ces destins sont liés ; à vous de les découvrir en lisant cet « ENORME COUP DE FOUDRE« . Un roman d’espionnage comme je les aime ; une histoire basée sur des faits réels, l’auteur nous raconte, grâce à son séjour en Corée du Nord, le quotidien des habitants sur cette île complètement repliée sur elle-même. Du trafic en tout genre pour survivre (la corruption est omniprésente et à tous les niveaux) à la mise en place d’un programme « Stratégie porteuse de semence » (les enfants « impurs » deviennent des espions et des assassins de sang impur), du blanchiment d’argent (grâce à la fausse monnaie et au trafic de drogue) à la persécution (la peur stimule la productivité), seule une minorité à le droit de vivre sereinement … et encore, la descendance des familles est très importante. Et ce n’est pas tout … je vous laisse découvrir le reste.

Un énorme pavé (595 pages) que j’ai dévoré en très peu de temps ; l’auteur a su mélanger histoire-réalité-romance ; certains passages peuvent paraître très durs à lire mais les faits existent et ils méritent d’avoir été dénoncer. Ce livre doit être mis en avant car nous sommes loin d’imaginer tout ce qui se passe sur place ; un très grand témoignage sur la présidence de Kim Jong-il – père de Kim Jung-un. N’oubliez pas également de lire les notes de l’auteur qui apporte encore plus  d’intensité à son récit. Mieux qu’un livre d’histoire classique, cet ouvrage à un intérêt documentaire qu’il faudra de temps en temps réouvrir.

Extrait du livre page 304 : « Le Cher Dirigeant était fier de nous. Pourquoi une race pure comme la nôtre devrait-elle se soumettre au diktat d’un monde corrompu ? disait-il. Tout ce qui peut blesser nos ennemis nous renforce. »

Extrait du livre page 331 : « Rien n’est impossible à celui qui a suffisamment de volonté. Le mot « impossible » n’existe pas en coréen » Kim Jong-il.

Je remercie chaleureusement les éditions EQUINOX LES ARENES pour leur confiance. Sortie nationale le 09 janvier 2019. ♥♥♥♥♥

Résumé du livre : Il y a des années, la soeur jumelle de Jenna a disparu subitement, soi-disant noyée. Mais lorsqu’une opération d’enlèvement nord-coréenne est déjouée, Jenna découvre la terrible vérité : sa soeur est vivante, et, à moins d’aller la sauver elle-même en Corée du Nord, elle ne la reverra jamais. Jenna va devoir laisser derrière elle sa vie confortable de chercheuse à Washington DC, afin de se faire recruter par la CIA.
L’Étoile du Nord de D. B. John est un thriller d’espionnage inoubliable et trépidant au sein de l’un des pays les plus dangereux de la planète.

Biographie de l’auteur : B. John (David John), né aux Pays de Galles, est journaliste et auteur.

Il commence une formation pour devenir avocat qu’il abandonne pour se consacrer à l’édition de livres jeunesse sur l’histoire et la science.

En 2009, il déménage à Berlin pour écrire son premier roman, « Flight from Berlin », publié en 2012.

Puis, il s’installe en Corée du Sud où il rencontre de nombreux réfugiés et fait de fréquents voyages en Corée du Nord, notamment en 2012.

En 2015, D. B. John a co-écrit, avec Hyeonseo Lee, « La fille aux sept noms » (The Girl with Seven Names), le témoignage d’une nord-coréenne qui a fui clandestinement son pays.

Ces expériences lui inspirent l’intrigue de « L’étoile du Nord » (Star of the North, 2018).

Il vit désormais à Londres.

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La meute de Sarah KOSKIEVIC

« TOUT EST K.O … JE SUIS GENERATION DESENCHANTEE »
(Extrait de « Désenchantée » Mylène FARMER)

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Premier roman pour cette jeune auteure, une bonne claque dans la gueule donnée par cette génération des années 2010. Le vocabulaire est très cru, les phrases sont courtes, rock’n roll parfois ; pourtant beaucoup de questions et de réflexion sur l’amitié, la réussite professionnelle, l’envie de maternité, le célibat … et puis il y a les shots de vodka, et les coucheries pour oublier tout ce mal-être. Six femmes, six copines, six amies : je t’aime … moi non plus !!!!!

Ce roman très court (166 pages) m’a laissée sans voix ; tout au long du récit j’ai suivi Olivia, Romane Elly, Isadora, Louise et Rosalie. Je les ai aimées, détestées, j’ai ri, j’ai été choquées mais mon dernier ressenti a été la tristesse. Quel gachis !!! Il faut pourtant les respecter ces femmes, essayer de comprendre pourquoi ???? …

Finalement, Sarah KOSKIEVIC a su me faire accepter et aimer sa meute, même si cette histoire a été loin de mon expérience des années 2000. ♥♥♥♥ Une très belle découverte.

Je remercie chaleureusement les éditions PLON pour leur confiance ; je remercie  chaleureusement l’auteure pour sa gentille dédicace. Sortie nationale le 14 février 2019.

Résumé de l’histoire : Vous allez les aimer. Vous allez les détester. C’est LA MEUTE.
Elles n’ont ni le même âge, ni les mêmes passions – si ce n’est ce lien invisible qui les unit. Elles n’ont rien à faire ensemble. Et pourtant, elles traversent les décennies côte à côte, chacune à son rythme. Elles ont dû se résoudre à admettre que leur amitié n’est ni évidente, ni facile mais qu’en bien des points, elle surpasse toute les histoires d’amour. Elles sont six : Olivia, Romane, Elly, Isadora, Louise et Rosalie. Vous allez les aimer. Vous allez les détester. C’est LA MEUTE.

D’une plume acerbe et sans concession, Sarah Koskievic campe des héroïnes entières aux prises avec les questions du quotidien sur le couple et le désir d’enfant, où légèreté rime souvent avec cruauté. Un roman cru et rock.

Biographie de l’auteure : Sarah Koskievic a 35 ans, elle est journaliste et collabore avec Slate, Les Inrock, Vice, Causette, Le monde.fr, Glamour, Cheek mag, Uzbek&Rica. Elle est aussi documentariste. La Meute est son premier roman.

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460 morts et des mouches de Guy Adrian

EPIDEMIE VOLANTE … IDENTIFIEE !!!!!

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Tout commence par une histoire de famille. Le fils est professeur de SVT, divorcé. Le père, Hervé, est un jeune veuf de soixante onze ans, ancien pharmacien, amoureux de sa jeune dame de compagnie. Un soir, Hervé est retrouvé mort, le sexe coupé, entouré de mouches ; sa petite amie a demi inconsciente est, de justesse, sauvée par les secours ; tout laisse à penser à un jeu sexuel qui aurait mal tourner ?

Pourtant tout est calme dans la résidence des Ormes d’Oullins ; tous se connaissent ; on s’épie, on commente … les potins vont bon train … Mais il y a un hic : depuis quelques temps les mouches se multiplient par centaine « Bizarre !!!! ». Et les morts s’accumulent aussi … Et si nous avions affaire à une épidémie mortelle qui ne toucherait que les environs d’Oullins … Et si la mort d’Hervé pouvait être liée à toutes ces mouches ? L’enquête démarre.

J’ai un avis mitigé sur cette lecture : tout d’abord, dans la première partie de l’histoire, l’auteur plante le décor, met en place tous ses personnages avec un certain humour ; l’intrigue est simple mais réaliste. Puis arrive, cette deuxième période du récit où la génèse de la mouche est décrite avec force détails techniques et ça m’a un peu soulé. Lorsque l’auteur reprend les rênes de l’enquête, tout redémarre et c’est plutôt pas mal. Je me suis quand même un peu ennuyée car l’histoire est trop en dents de scie, pas assez punchy … même si l’humour revient un peu, la fin est prévisible. Dommage … ♥♥♥

Je remercie chaleureusement les éditions Le texte vivant pour leur confiance. Sortie nationale le 12 novembre 2018.

Extrait du livre page 261 : « Mama Boko s’activait pour préparer la venue du prêtre-vaudou : pour la cérémonie punitive destinée à détruire les deux sorcières, il fallait des accessoires et entre-autres, deux poules, une blanche et une noire. Ces deux volailles furent stockées dans sa salle de bain, dans une cage grillagée. »

Résumé de l’histoire : Un crime sanglant dans une résidence paisible, une joyeuse bande de retraités à la gouaille ravageuse, des jeux sexuels dangereux, les prémices d’une épidémie mondiale sur fond de rites satanistes et de délires amnésiques. Et des mouches. Beaucoup de mouches. Partout. Tout le temps.Bienvenue à la Résidence des Ormes d’Oullins, théâtre morbide du meurtre d’Hervé Chaliez. Crime crapuleux ou crime passionnel ? Qui pouvait en vouloir au riche pharmacien de 71 ans ? Embarquez pour un jeu de piste déroutant et foisonnant, au gré du vrombissement des mouches.

Biographie de l’auteur : Tout d’abord destiné à exercer le métier de professeur des collèges, mais devenu enseignant-chercheur ; formé en chimie organique, en biologie et en pharmacologie, Guy Adrian a poursuivi une carrière dans l’industrie pharmaceutique en tant que directeur de recherche, puis consultant en parcourant notre vaste monde. Après une retraite précoce, il s’est lancé dans la peinture fi gurative puis dans l’écriture de techno- thrillers. Résidant à Lyon, il essaye d’appliquer le précepte d’un célèbre lyonnais d’adoption : « Fais ce que voudras ! ». 460 morts et des mouches est son troisième roman.